Divan…

Plancher

L’humain est capable de s’adapter à presque tout et j’en suis la preuve. On s’adapte, mais il y a souvent des conséquences à cette adaptation. Pour ma part, la conséquence de mon adaptation à ma nouvelle vie temporaire, c’était que j’avais l’air de sortir d’une maison en carton et que mon indicateur d’anti-sociabilité était au maximum. Au travail, si mon patron arrivait trop vite derrière moi, je grondais. Mon petit atelier à la shop était mon cocon et il ne fallait surtout pas y toucher. Comme dit le diction, toute bonne chose a une fin et heureusement, les mauvaises choses en ont une aussi.

À la fin de cette 2 ème semaine, je me rendis à mon futur appartement. Arrivé sur les lieux, rien, vide, comme si il n’y avait jamais eu personne à l’intérieur. La seule chose restante était un post-it sur la porte: «Les clef sont sur le comptoir». Je me précipitai à l’intérieur et je jubilais de joie. Je n’avais jamais été aussi content d’entrer dans un endroit. La première chose que je fis, fut d’aller me laver. Il n’y avais pas de serviette, ni de rideau de douche mais cela m’importait peu. Je voulais une douche à tout prix. Après cette douche, je suis allé appeler les gars du band pour qu’ils montent à Québec le plus vite possible. Puis, je me suis allongé sur le plancher de ma chambre vide et j’ai fixé le plafond. La question de ma tante me revint soudainement en tête: «Pourquoi tu ne vas pas chez un de tes amis à Québec? Tu dois bien avoir un ami qui serait capable de te prêter un divan? ». J’avais effectivement une amie. Une amie qui aurait pu m’héberger, chez qui toutes mes mésaventures auraient été des vacances plutôt que pénitence. Cette amie dont j’aurais du prendre soin au lieu de prendre pour acquis.

Pour tout dire, je ne comprends pas encore tout ce que j’ai fait à mon amie et le plus malheureux, c’est que je ne pourrai jamais le savoir réellement. Cette fille qui venait de ma ville natale était déménagée à Québec quelques temps avant moi. Elle aimait bien notre musique et nous suivait souvent dans les concerts. C’était la maman du groupe, le genre de personne qui va te dire réellement ce qu’elle pense du spectacle et non ce que tu veux entendre. Avant mon arrivée à Québec, elle s’était offerte pour m’héberger, elle et sa colocataire, pour une semaine ou deux, afin que je trouve une appartement et un emploi. Ce qui me convenait bien puisque je ne connaissais pas grand monde dans cette ville. Cette fille m’a appris les rudiments de la vie en appartement : faire cuire du riz, faire l’épicerie et cohabiter avec d’autres personnes que ma famille. La première semaine se passait parfaitement. Nous sommes allés au cinéma, nous sommes allés dans des magasins de musique et nous passions nos soirées sur son balcon, avec quelques bières froides. Tous ces artifices me déconcentraient de mon but et après une semaine je n’avais toujours pas trouvé d’emploi ni d’appartement.

Puis, la situation a commencé à se détériorer. Au début, je ne voyais rien aller. Petit à petit une tension entre nous s’installa. Je prenais beaucoup trop de place et je ne m’en apercevais pas. Comme quand un gars dans un bar te parle et que tu fais tout pour lui signaler que tu veux seulement continuer à écouter le spectacle, mais que celui-ci ne comprend rien et qu’il continue à te parler.

Je crois que ma première offense a été ma procrastination. Même avec l’aide des gars du band qui venaient à Québec quand ils le pouvaient pour m’aider à chercher un appartement, 3 semaines s’étaient écoulées et je n’avais rien trouvé encore. Ma 2 ième offense a été selon moi lors de la dernière fin de semaine. J’avais utilisé le lit de la colocataire de mon amie sans son consentement et j’avais oublié de refaire le lit correctement. À son retour, elle s’aperçut de cela et m’a exprimé son mécontentement assez clairement. À partir de cet instant, la situation entre la colocataire et moi est devenue plus complexe. Ma troisième offense a été de mentir à mon amie.

Ce n’est pas un gros mensonge. Pour la plus part ce n’est même rien. Mais pour moi, c’est très grave. Durant la journée où je dormis dans la chambre de sa colocataire, j’ai eu une petite faim et je n’avais rien acheté pour manger. J’avais tout dépensé mon argent. Alors je me suis servi dans la congélateur sans demander la permission. Je lui avais emprunté du pesto pour me faire des pâtes. Quelques jours plus tard, mon amie a vu qu’il lui manquait du pesto et elle m’a demandé si c’était moi qui en avait prit. Au lieu de tout bonnement dire oui et passer à autre chose, je lui ai dit non. Sauf qu’elle savait fort bien que sa ne pouvait être aucune autre personne que moi. Pour les autres offenses, je crois que j’avais abusé du rock’n roll, mais pas de la bonne manière.

Mon amie ne me l’a jamais pardonné. Ce jour là j’ai plus que perdu un divan, j’ai perdu la confiance de quelqu’un qui était cher à mes yeux. On apprend des ses erreurs mais j’aurais aimé apprendre cette leçon d’un autre manière. Par respect pour elle, je n’ai pas osé lui redemander de coucher sur son divan. J’ai rapidement trouvé un appartement et un emploi, puis je suis reparti à Matane pour faire mes bagages.

Les amis, c’est la chose la plus précieuse dans une vie. Il ne faut jamais laisser planer des désaccords. Puisque la journée où cette amie disparaît, les regrets restent.

Le plancher de ma chambre me supportait dans mon sommeil agité. Ce fut une nuit de cauchemars et de rêves étranges. Dans un de mes rêves, une cloche sonnait…. re-sonnait avec un étrange tempo. Par la suite, une plus grosse cloche retentit. Finalement, le son de la grosse cloche se transforma en sonette de porte. Je me suis réveillé et levé de mon plancher à la course. Mon père était à la porte avec le band derrière lui. Enfin ils étaient arrivés. Le rock allait bientôt commencer pour de bon…

À une amie…

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