La Maison…

Le plan

Deux semaines à vivre seul. Cela m’avait paru comme des années. Ces deux semaines ce sont envolées à la seconde où j’ai constaté que c’était fini. Je ressemblais à un petit chiot qui venait de voir un os vraiment “cool”. Je ne savais plus où donner de la tête. Mes amis, mon groupe et mon divan étaient finalement arrivés. Je n’ai presque pas prit le temps de remercier mon père et de saluer les gars qu’on s’est mis à la tâche. Nous avons vidé le camion plein à rebord dans ce petit appartement. Mon père repartit aussitôt le travail terminé… je crois qu’il ne voulait pas en voir plus.

Lien Musical !

La tâche n’allait pas être simple. La première embûche à ce déménagement était d’ordre mathématique. Nous étions 4 et nous aménagions dans un 3 et demi. Donc, il nous manquait 3 chambres. Il y avait 3 pièces de disponible, soit la chambre, le salon ainsi que l’entrée. Il faut dire que l’entrée était PRESQUE aussi grande que le salon. Je fus donc l’heureux gagnant du salon. Mon guitariste hérita de l’entrée et les 2 autres membres se partagèrent la chambre. Le salon et l’entrée étaient séparés par des portes-accordéon donc cela donnait l’impression que j’emménageais dans un grand garde-robe. Mon guitariste avait choisi l’entrée puisqu’il aimait le caractère spécial de pouvoir dire au monde qu’il vivait dans une entrée d’appartement. Les deux autres prirent la chambre. La deuxième difficulté était de jouer au tétris pour que tout entre dans l’appartement. Je me concentrai dans mon salon-chambre. Après réflexion, je plaçai mon divan-lit, installai mon bureau d’ordinateur ainsi que ma télévision. Il me restait assez de place pour passer entre mes meubles, mais pas trop. Mon voisin de chambre mit son matelas par terre et puisqu’il avait des meubles faits sur le long, nous lui avons organisé un cubicube pour qu’il ait la sensation d’avoir un coin à lui. Les deux derniers, qui partageaient la même chambre, ont tentés de s’organiser du mieux qu’ils le pouvaient. Un d’eux dormait sur un lit, placé dans un garde-robe, tandis que l’autre dormait sur un divan qui avait peine à entrer dans la pièce. Pour ce qui était de l’autre pièce, nous avons gardé cet endroit avec sa fonction principale, soit la cuisine.

À la fin de cette journée, nous nous sommes assis autour de la traditionnelle pizza et bière qui honore chaque déménagement du Québec. Une sensation de bien être m’avait envahi puisque, enfin j’étais avec mes amis, avec ma deuxième famille. Mais il me manquait encore une chose, je n’avais pas joué de musique depuis bientôt 3 semaines et le manque se faisait sentir. Lors des deux semaines précédentes, je pensais constamment aux spectacles et à ma batterie. Je ressentais à chaque fois ce manque à l’intérieur de moi. C’était comme si mes bras perdaient toutes leurs forces et qu’une chips ne passait pas dans ma gorge. J’avais juste envie de frapper sur ma batterie et de sortir ce que j’avais en moi. Ma batterie était comme l’extension de moi. Je ne joue pas avec en comptant le tempo ou en étudiant chaque geste que je fais. Je joue en me fiant à mes sentiments. Je me laisse porter par la musique. Je sais ce qu’il faut faire au fur et à mesure que la musique passe. C’est ce qui faisait notre unicité dans le groupe. Lorsque nous jouions, il n’y avait jamais de barrière fixe, nous pouvions improviser en spectacle sans même l’avoir planifié et personne dans l’auditoire ne s’en rendait compte (mise à part ceux qui connaissaient les chansons). Le genre de sentiment que cela procure est unique et indescriptible et ne peut être ressenti que lorsqu’on joue avec nos “feelings ”.

Le lendemain était un jour important pour nous puisque c’était la première pratique du groupe depuis un bon bout. Nous avions trouvé un local avec un groupe de musique bien sympathique qui voulait bien nous laisser pratiquer au minimum 3 fois semaine. L’endroit où était situé le local était une ancienne école en béton qui était parfaitement miteux pour ceux qui aimaient le punk. Pour ce qui était de la qualité sonore, il n’y avait rien de bien pire que ces murs en béton. Il régnait en permanence une cacophonie qui s’apparentait à un moteur de camion. Il y avait toujours un tas de mouches qui survolaient les poubelles (qui étaient remplies exclusivement de bières vides). L’air de cet endroit comportait un mélange de renfermé, de vieux cigare et de bière fermentée. Ce qui donnait un haut-le-coeur en entrant, mais on s’y habituait assez vite. Ces petits détails ne me freinaient pas dans mon engouement. Je trouvais presque cette odeur intéressante tellement mon niveau de bonheur était élevé et je tentais de me convaincre que ça donnait un cachet rock.

En moins de 1 heure, tout était installé, même que le ménage avait été fait et nous étions prêt à commencer. Ce soir-là nous pratiquions les chansons dans l’ordre pour le prochain spectacle. Après la première chanson, je pris une gorgée d’eau et regardai mes 3 compagnons.  Je me sentis enfin en sécurité, à la maison. J’ai réalisé à ce moment que tant que nous allions être tous les 4 ensemble, ma maison serait là…

La suite ici.

2 réponses à “La Maison…

  1. Eille c’est pas l’appart que j’ai connu ça ?!

    Tk je me rappelle qu’on vous a acheté votre TRAILER ROUGE quand vous étiez à québec man !!!

    Trailer que j’ai d’aillers retappé et vendu l’année passé !!!!!

    Vous vous rappeller le local 118 a l’UNISON qu’on avait ensemble ?!

    Take care les gars !!!

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