La routine…

local

Il était venu le temps pour nous de se préparer pour une tournée de plus de 3 jours. Nous avions eu une offre d’un groupe de Montréal pour faire une tournée Québec-Ontario. Habituellement, c’était nous qui trouvaient nos spectacles. Pour cette fois, nous avions fait confiance à un autre groupe qui avait déjà fait le voyage. C’était une tournée de 2 semaines avec environ 1 spectacle par soir. Cette tournée était prévue pour l’été mais nous voulions être à la hauteur et avoir de nouvelles chansons à jouer. Donc nous nous sommes mis à la pratique et ce, de 4 à 5 jours par semaine. Ce qui me donnait une routine de vie assez chargée.

La journée commençait avec le réveil matin qui sonnait. Pour moi, c’était l’heure du départ pour travailler, pour les autres c’était l’heure d’aller se coucher. Je partais de la maison pour me claquer 1 heure 30 d’autobus. Arrivé à mon emploi, je m’installais derrière mon poste de travail et attendait que la cloche sonne. Ensuite, je me zombifiais comme par magie jusqu’à la prochaine cloche. Par chance, il y avait un ami de Matane qui était un de mes idole de jeunesse. Le genre de bon gars qui a toujours un bon mot pour tout. Il me disait toujours : «Les gars, je sais pas comment vous faites, mais vous êtes malade». Dans le temps, je prenais ça comme un compliment , mais aujourd’hui je vois plus cela comme un avertissement. Mon travail était monotone mais heureusement j’étais avec quelqu’un que je connaissais, quelqu’un avec qui je pouvais parler de musique et de batterie. Quand la fin de la journée de travail sonnait, je me précipitais le plus rapidement possible vers le “punch” pour être sur de ne pas rater l’autobus.

Environ 1 heure 30 plus tard, j’étais à la maison pour souper en vitesse ( ramen et beurre de peanut à la cuillère ). Ensuite, c’était le départ pour le local de pratique. Nous prenions la Tortue pour nous rendre au local et nous faisions un petit arrêt à l’intermarché pour y acheter des patates frites grecques. Ce qui n’était pas une très bonne chose puisque nos doigts devenaient tout huileux, ce qui rendait les bâtons de drum glissant.

Puis, la pratique débutait. Nos pratiques avaient une durée moyenne de 2 heures. Cependant, je trouvais toujours que ce n’était pas assez. Il faut dire que j’étais habitué à notre ancien local où il n’y avait pas de limite de temps. Nous avions beau pratiquer 5 fois dans la semaine, je n’en avais jamais assez. Mon appétit pour la musique ne cessait jamais de grandir. Mon but ultime n’était pas de vivre la gloire ni d’avoir beaucoup d’argent. Mon objectif c’était de ne plus travailler et de faire de la musique sans arrêt. Je croyais qu’en jouant de la musique le plus souvent possible, j’allais finir par réaliser mon rêve. Je ne considérais pas les pratiques comme une routine, puisque pour moi, c’était juste une continuité, comme un chemin, qu’au bout nous y trouverions notre rêve bien intact. C’est pour cette raison que je me donnais sans compter, que j’investissais tout ce que j’avais sans regarder en arrière. C’était la seule façon de vivre pour moi à cette époque. À la fin de la pratique, nous allions souvent au restaurant “Welat” manger une pointe de pizza à 3$.

Le retour à l’appartement était toujours difficile, puisque la fatigue était présente. Le trajet du retour était long puisqu’il fallait respecter les limites de vitesse. La vielle Tortue attirait beaucoup le regard des policiers. Avec sa peinture fraîchement refaite au rouleau, elle avait fière allure, avec des trous dans les portes, quelques miroirs en moins, un vieil intérieur fini en tapis et quatre passagers vêtus de noir. À minuit le soir, elle a souvent éveillé des soupçons.

Arrivé à l’appartement, les gars s’installaient à l’ordinateur et moi je me couchais. Jusqu’aux prochain cris du réveil matin, les gars allaient se coucher et moi je retournais travailler.

Avec toutes ces pratiques, nous nous sentions prêt à partir. Nous voulions montrer à l’Ontario qui nous étions. C’était une étape importante pour le groupe que de vivre enfin ce que c’est une vraie tournée. Pour l’occasion, je commandai 2 cartes de crédit avec la plus grosse limite d’emprunt possible et mon baseman fit de même. Puis, pour ne pas être trop mal pris, je commandai une carte CAA. Nous maintenant étions prêts à toute éventualité. Du moins c’est ce que l’on croyait…

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