Le temps des…

Home Alone

Noël était pour moi signe de joie, de cadeaux et d’abus de nourriture. Mais cette année-là, il n’y avait pas de cadeaux, pas beaucoup de bouffe et pour la joie on y repassera. Tous mes amis étaient descendus dans leur coin de pays. Mais contrairement à Kevin McCallister dans Home Alone, je ne trouvais pas ça génial de me retrouver seul et je n’avais pas de malfaiteurs pour me distraire. D’ailleurs, c’était un de mes plus grands soucis. Que faire pour me changer les idées pendant 2 semaines complètes ?

La solution m’est apparue d’elle-même, mon chanteur avait une collection de films à faire rougir un club vidéo. Alors, je me plongeai dans les films. Ce qui était particulièrement plaisant avec la collection de films de mon chanteur, c’était sa diversité. Cela pouvait passer d’un film d’amour, à une super production, en passant par des films de série B (comme par exemple l’excellent film corps à vidange). Alors, j’ai profité de cette chance pour étendre ma culture cinématographique. J’ai aussi profité de cette même occasion pour me faire des marathons de cinéma. J’ai écouté sans arrêt (sauf pour me faire à manger) la série de StarWar, Retour vers le futur, La planète des singes, et les 9 films de Star Trek(il y en a 2 de plus aujourd’hui).

Les films m’ont vraiment aidés à passer au travers du temps des fêtes. Mise à part Noël où ma mère pleurait au téléphone, puisque son petit fiston était loin et seul. Arrivé à la veille du jour de l’an, je me senti plutôt bien et décidai de fêter l’arrivée de la nouvelle année malgré ma solitude. Alors, je sortis au dépanneur pour me payer une caisse de bière, des croustilles et une pizza surgelée. Je me mis un bon film et je dégustai mes achats tranquillement. Après quelques films et 3/4 de ma caisse de 12, je mis la télévision au bye bye. Puis, le téléphone sonna. C’était mon père qui m’appelait de son bar pour me souhaiter la bonne année. Il était vraiment saoul lui aussi. J’avais peine à l’entendre puisqu’il y avait beaucoup de bruit. L’ambiance au bar était à son comble. Après quelques phrases du genre « il fait-tu beau à Québec ?» et “Bonne année et de la santé”, il me passa mon ex-petite amie. Elle me dit :

– HEY SALUT ! ÇA FAIT LONGTEMPS QU’ON S’EST PAS PARLÉ.

– Ben oui au moins depuis qu’on s’est quitté (que je répondis)

– EN TOUT CAS, ICI C’EST LE PARTY MON HOMME ! C’EST MALADE !

– Ici aussi ! (que mon orgueil avait décidé de dire)

– OUIN HEY… MAIS… C’EST PLATE QUE TU SOIS PAS LÀ, TU RATES UN MÉCHANT PARTY ! J’AI RAREMENT VU ÇA. LE BAR EST FULL À CRAQUER ET YA FULL DE TES AMIS AUSSI. (elle ne parlait pas du groupe parce qu’elle les détestait)

– C’est le fun ça !

– OUIN !! EN TOUT CAS, JE TE LAISSE, MA BIÈRE ARRIVE ! BONNE ANNÉE LE GROS.

– Pareillement!

Je ne sais pas si j’étais seulement paranoïaque , mais j’avais l’impression qu’elle voulait juste enfoncer le clou. Je pris ma bière que je venais d’ouvrir et la bu d’une traite. À ce moment, j’étais trop affecté par l’alcool pour réaliser que ça n’allait pas trop bien. Je titubais seul dans l’appartement quand tout à coup mes jambes ont cédées. Je tombai en petite boule par terre. Ce sentiment de dépersonnalisation était vraiment fort. Ma vue était complètement embrouillée. D’ailleurs, je n’étais presque plus capable d’ouvrir mes yeux. J’étais désorienté et seul. Je croyais que j’allais mourir sur place, mais je décidai quand même de me rendre dans le salon pour me coucher sur le divan pour faire passer la crise. Je rampai jusque dans le salon, mais une envie me prit par surprise. Je me levai de peine et de misère pour me rendre rapido à la toilette. Ce qui donna lieu à une dizaine d’accrochages avec les murs et surtout avec la table à dîner, qui me fit perdre pied encore une fois. Finalement, je me rendis à la toilette, mais vu la difficulté que j’avais eue à m’y rendre debout, je revenus à quatre pattes. Tous ces événements ne freinaient pas la crise de panique qui faisait rage. Avec l’énergie du désespoir, je me pris une nouvelle bière et je la bu. Ce qui n’eut absolument aucun effet, mis à part de me rendre encore plus saoul. Puis, à la télévision, j’entendis : “5…, 4…, 3…, 2…, 1…, BONNE ANNÉE!”.

Ma résolution pour cette année-là a été de ne plus jamais boire seul. Une nouvelle année s’offrait à moi, une année où la musique primerait sur tout. Une tonne de spectacles étaient à l’horaire et même une tournée en Ontario. L’espoir était plus vif que jamais. Au fond de moi, j’étais certain que cette année-là serait la bonne. Puisque malgré le fait que j’avais raté mon entrée à Québec, toutes les pièces étaient maintenant en place pour réaliser mon rêve. Le groupe était en forme et notre volonté ne faisait que croître. Tout ce qui restait à faire, c’était de foncer et de faire notre marque. Malgré tout, au fond de moi, un doute subsistait. Comme lorsqu’on part à l’école avec un sentiment de légèreté et de libertée, jusqu’au temps où nous nous apercevons que nous avons en faite oublié notre sac à dos à la maison….

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