Ottawa…

Porte
Photo @ Jimmy Voyer

Le matin annonçait une journée chaude et humide. Ce qui n’était pas bon signe puisque la Tortue avait la particularité de capter toute la chaleur du soleil et de la multiplier par 10. Nous avions quelques heures de route à faire pour notre premier spectacle en Ontario, plus précisément à Ottawa. Avant de partir, nous avions pris un douche et un bon déjeuner-dîner.

Nous étions chez un des membres du groupe qui organisait la tournée. Un grosse maison accueillante, luxueuse et chaleureuse. Les parents de notre hôte étaient d’une générosité surprenante. En voyant notre hôte dans toute cette luxure, nous avions pu répondre à plusieurs interrogations. Nous nous questionnions à savoir comment les membres de ce groupe faisaient pour se payer des chambres d’hôtel à chaque soir.

Le cortège qui était maintenant réduit à 3 fourgonnettes (puisqu’un des groupes ne faisait pas la partie Ontarienne) prit rapidement la route vers Ottawa. Quand la pancarte de l’Ontario se montra le bout du nez, un sourire niais se traça sur mon visage sans que je l’ait vraiment commandé. Enfin nous y étions, nous avions franchi une autre étape dans notre vie de groupe. Nous avions franchi une frontière. La chaleur de la Tortue avait atteint un sommet jamais ressenti. Toutes les fenêtres étaient ouverte et visiblement cela ne suffisait pas. C’est alors que nous décidions d’ouvrir la porte coulissante de la Tortue pour se rafraîchir, sans se soucier des conséquences de ce geste.Un peu à l’image d’un avion qui se dépressurise, l’ouverture de la porte fit voler toutes les feuilles, verres de plastique et poussière dans les air. Toutefois ce courant d’air eu l’effet escompté de nous rafraîchir un peu.

Mon guitariste écoutait de la musique paisiblement avec son disc-man et il voulut changer de disque compact. Au même moment, un bosse fit sursauter la van et du même coup, il échappa le disque et le disque-man. Je me tournai à temps afin d’apercevoir la roulade tranquille des deux objets en direction de la porte ouverte. Personne n’eut de réaction mis à part d’observer cette scène qui paraissait interminable. Le crash des deux objets sur la chaussée retentit, ce qui ne laissa aucun doute sur leurs états. Aucune utilité de faire demi tour, c’était peine perdue. La fin de ce baladeur et de ce disque avait sonné. Cette mésaventure nous rappela que rouler avec la porte ouverte était vraiment dangereux. Alors, mon guitariste reprit sagement son siège et sortit son “Game Boy” pour oublier sa perte tragique du moment.

Nous sommes arrivés à Ottawa vers la fin de l’après midi. Je trouvais que cet endroit était un peu trop tinté de patriotisme fédéral. Les autobus peinturés de la feuille rouge, les nombreux drapeaux canadiens et les publicités de la bière “I’m Canadian” n’aidèrent sûrement pas à mon impression. L’entrée de la salle de spectacle était disparate sur cette rue saturée d’affiches et de portes identiques. Finalement, la porte qui nous intéressait était fermée à clé. De plus, le promoteur était pour l’instant introuvable. Vue l’heure, nous ne nous inquiétions pas encore. Nous sommes donc aller manger avec les autres groupes, question de faire passer le temps. Puis, nous sommes revenus à la salle où un calme plat nous attendait. Après quelques téléphones, le promoteur répondit enfin avec un nouvelle vraiment chouette, il voulait nous payer 20$ chacun. L’annonce de ce montant ridicule nous fit rire, mais finalement nous comprirent que la raison de ce paiement était que le spectacle était annulé.

Étant donné que nous avions une soirée à ne rien faire dans une ville où il n’y avait rien à faire, nous avions improvisé un mini concert acoustique sur le bord du trottoir. Un peu à l’image des feux de camp, mais sous les lampadaires. Les rares personnes qui passaient dans le coin daignaient nous regarder. Je crois que le groupe imposant de 15 personnes que nous étions leur foutait la frousse. Alors, nous sommes partis dormir dans la ville natale du groupe de ska. Ils étaient natifs de Cornwall, une petite place bien plaisante où nous allions jouer notre dernier spectacle de la tournée.

Une fois dans cette ville, tous les membres des groupes se rendirent à une fête. Cependant, je décidai de rester dans la van, question d’avoir un petit moment seul et de me reposer pour les 8 heures de route qui nous attendaient. Je me retrouvai seul dans la Tortue, couché sur la banquette arrière comme avec une vielle amie. Cela me fit un bien fou de vivre un peu de solitude. Car ces moments sont extrêmement rares en tournée. La nuit était claire et chaude, le genre de nuit où l’on peu dormir à la belle étoile sans couverture. Il est difficile de toujours vivre en groupe dans des espaces étroits. Malgré que ce soit en compagnie de bon amis, les frustrations peuvent rapidement s’accumuler. Heureusement, nous avions nos petits trucs pour ça, comme de se laisser de petits moments seul dans la van. Je profitai de ce moment pour me perdre dans mes pensées afin de faire baisser la pression. La fatigue prit vite le dessus et je m’endormis au son des criquets non loin de là…

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