Souvenir….

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Quand nous préparons un déménagement, surtout le premier de notre vie, nous tombons souvent dans nos souvenirs et cela nous rend très nostalgiques. Pour ma part, ce déménagement était le début de quelque chose et au fond de moi, la crainte du nouveau me hantait. Toutefois, j’avais un minimum de structure qui me sécurisait. J’avais un plan. Il était simple. Aller seul à Québec, vivre sur un divan quelque temps, tout en me trouvant un emploi ainsi qu’un appartement pour habiter avec le band. J’avais déjà passé quelque temps à Québec et il fallait que je remonte avec ma van pour habiter dedans, puisque je ne pouvais entrer dans mon appartement qu’une semaine après le début de mon emploi. Pourquoi fallait-il que je fasse ça seul? Je me pose encore la question. Mais c’était mon choix.

Perdu dans mes pensées, je suis tombé sur ma console de jeux Nintendo64. Cette console est l’élément déclencheur qui m’a fait connaître la musique punk rock. À la sortie de cette console, j’étais l’un des premiers de mon école à l’avoir. Un des garçons qui habitait près de chez moi voulait absolument la voir. Donc avec enthousiasme et avec une pointe de vantardise je l’ai invité chez moi. C’était dans l’ancienne cuisine de ma défunte grand-mère. La cuisine était un vrai repère d’ados. La pièce était munie d’armoires en pré fini couleur bois avec un vieux poêle couleur bois et un plancher en vinyle brun- jaune. Bref, un sous sol année 80, brun. Il y avait toujours l’odeur de ma grand-mère qui flottait, ce qui rendait la pièce accueillante et confortable. Dès que mon voisin eu fait son entrée, nous sommes devenus de très grands amis. Après quelques heures de jeux, il me prêta une cassette pour me remercier de l’avoir invité. Il avait enregistré d’un côté « No use for a name» et de l’autre « Propagandhi». Ce fut alors la révélation de ma vie. Cette musique me parlait. J’ai recopié la copie qu’il m’avait prêtée et j’ai écouté ces albums en boucle  durant tous mes moments libres. À chaque visite il m’apportait d’autres cassettes de groupes que je recopiais sur de vieilles cassettes. À partir de cet instant, je ne travaillais plus pour m’acheter des consoles de jeux, je travaillais pour acheter d’autres albums de musique. Cette passion montait en moi à chaque album que je me procurais, comme la crue des eaux au printemps. Il m’en fallait toujours plus, jusqu’au jour où en écouter n’était plus assez.

Ce jour-là, j’ai convaincu mon père de m’acheter ma première batterie. Je ne voulais plus être un spectateur. Je voulais être partie prenante de la musique. J’installai ma batterie dans un coin de la cuisine, du mieux de mes connaissances et m’assis en arrière. Je fut incapable de frapper sur ma batterie malgré mon enthousiasme. La seule pensée que mes parents puissent m’entendre me figeait de gêne. Finalement, ce fut lors de ma première pratique à vie, avec des amis, que j’ai frappé pour la première fois sur mon drum. Ce ne fut pas la révélation que j’espérais. Je croyais que c’était comme dans les films et que ça allait tout seul, ce fut plutôt une frustration qui prit la place. La frustration de ce que je produisais, qui était tellement loin de ce que j’entendais sur mes albums. Nous avons toutefois joué quelques trucs qui s’apparentaient à un grichement de télévision lorsqu’elle ne capte pas de poste. Nous avons quand même persévéré et nous avons greffé un chanteur à notre groupe. Au bout de quelques mois de pratique, nous avions un répertoire de 4 chansons et petit à petit, la déception du début disparaissait. La vraie passion commençait à se forger. Je pratiquais maintenant même si mes parents étaient à la maison. Le manque se faisait sentir les journées où je ne pouvais pas pratiquer. Il me fallait ma dose quotidienne.

Le moment de ma grande révélation fut lors de ma première parution publique. Dans le bar de mon père, devant de vieux bougonneux qui voulaient seulement boire leur bière. Nous avons joué une seule chanson. Pour s’adapter correctement au public, nous avions choisi une chanson de punk rock, l’une des plus rapides de notre répertoire. À la fin de cette chanson, il n’eut qu’une seule réaction dans la salle, celle d’un vieux qui éternuait dans un vieux mouchoir sale. Ce fut la révélation, ne plus jamais jouer devant un public qui ne veut pas de toi. La piqûre m’avait quand même transpercée et le goût de faire des spectacles se faisait sentir. Dans mon for intérieur, j’avais prit une décision qui allait changer toute ma vie. À partir de ce moment, chaque action, chaque décision et chaque journée seraient consacrées à la musique. C’était le choix que j’avais fait et personne ne pouvait m’arrêter puisque la musique était à mes côtés. Ensemble nous serons invincibles.

On se croit fort et à l’abri de tout quand on prend une telle décision. Le problème est que nous n’avons aucune idée en quoi ce choix consiste réellement et les répercussions que cela peut apporter. Le pire est que tout ce que je connaissais de la musique était inscrit sur des bandes magnétiques et que je croyais que c’était assez pour en faire une carrière…

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