Une fille…

Lego

Il était environ midi quand je me réveillai dans une maison vide. Cette maison, je la connaissait un peu puisqu’elle appartenait à une amie qui avait sorti avec mon guitariste. Par la fenêtre, les rayons du soleil me frappaient le visage, ce qui n’aidait pas à mon mal de tête matinal. Les gars (qui avaient dormi sur la route) étaient déjà tous éveillés depuis un bon bout. Je me mit tant bien que mal debout, mais une de mes jambe ne voulait pas coopérer. Il faut dire que dormir sur un plancher n’est pas toujours évident. Je me servis un bon déjeuner avec toasts, beurre de peanut et café. Ce qui était vraiment bien avec les fins de semaines de spectacle, c’était que nous mangions toujours très bien. Ce qui faisait changement d’avec notre routine. Puis, nous nous sommes rendus à la salle de spectacle pour faire des test de son.

J’adore l’ambiance d’une salle de spectacle vide avant un événement. Surtout quand nous avons le temps de tout monter tranquillement. C’est le moment où nous socialisons avec les autres groupes, organisateurs et les gens de la place. Cette journée là, il y avait cette fille. Il y a toujours une fille, mais cette fille là était spéciale. Je dirais même plus, elle était vraiment spéciale. En spectacle, nous avions vu beaucoup de sorte de personnes; des punks, des ghotiques, des métals, des ska mais elle, elle était un genre de mélange de tout cela. Elle avait les cheveux avec tellement de “spraynet” qu’un ouragan n’aurait pas pu la décoiffer et avait des rallonges de cheveux en laine rose. Environ une 20 aine de colliers ornaient son cou et autant de bracelets dans chaque bras. Elle avait aussi des verres de contacte bleu azure, et un veston en laine rose saumon. Cette personne était vraiment tout ce qui était des plus enjouée et rayonnante de bonheur. Sa bonne humeur et son énergie m’ont tout de suite captivé.

Ce qui, je crois, me captivait d’elle, c’était qu’elle était totalement l’opposé de moi. Une fille de party, qui parle avec tout le monde et qui a 100 amis. À ma grande surprise, elle est venue directement me parler et depuis cet instant précis, nous sommes devenus de grands amis. Je voyais en elle une autre personne que je n’étais pas capable de cerner. Une personne beaucoup plus profonde que son apparence ne pouvait pas laisser croire. J’avais vraiment envie de connaître cette personne. Ce qui est triste dans le domaine du spectacle c’est que nous rencontrons une tonne de personne qui après l’événement nous ne revoyons jamais ou très peu souvent. Je ne savais pas vraiment pourquoi, mais j’avais le sentiment profond que nous allions nous revoir assez souvent.

L’heure du spectacle était finalement arrivé. Pour une fois la salle était pleine à craquer. Cela faisait du bien au moral de voir que toutes ces personnes étaient venues pour nous voir. J’étais dans une forme du tonnerre et prêt à me donner à fond. Une bulle se forma autour de ma batterie dès les premières notes. Notre symbiose était là comme en pratique. Ce qui déplaisait à certaines personnes puisque dans ces moment là, nos improvisations duraient vraiment plus longtemps. Mon Baseman tourné vers son ampli, mon guitariste qui sautait dans son coin, mon vocal qui était dans la foule à crier à tue tête dans le visage des spectateurs et moi qui nageais en arrière de ma batterie avec toute l’intensité possible. Puis, vint la dernière chanson. Encore une fois cette rage s’intensifia en moi à chaque note. Plus la chanson avançait, plus je frappais fort sur la batterie. Mes bras étaient remplis d’acide lactique et j’avais de la difficulté à tenir mes bâtons. L’improvisation qui marquait la fin du spectacle arriva et j’ouvris les yeux pour constater que ma batterie n’était plus devant moi. Les pièces étaient éparpillées ça et là comme si une bombe avait explosé. Cette bombe, c’était moi. Puis, je sortis de la salle immédiatement. Mon corps tremblait sous les émotions. Quelques instant plus tard, un sentiment de bien être m’envahi. Un peu comme lorsque nous finissons de faire l’amour. Ce sentiment de bien-être qui vous enlève tout sensation de douleur ou de tristesse.

Je revins dans la salle pour ramasser ma batterie. Je me demandais si la fille allait vouloir encore me parler ou si elle allait avoir peur de moi. À ma plus grande surprise elle vint me féliciter. Honnêtement, j’ai toujours eu de la misère à me faire féliciter après avoir détruit ma batterie. C’est comme si j’étais responsable d’un accident de voiture et que l’on venait me remercier. Elle continuait tout de même à me complimenter et nous avons continué à discuter.
Avant qu’elle me quitte elle me dit spontanément:
– On vas-tu se marier aux Chutes Niagara ?
– Ben oui ça serait une idée! Que je répondis spontanément
Puis, nous nous sommes quittés sur ces phrases.

Nous avons embarqué nos instrument et avons attendu la fin du spectacle pour repartir à Québec, puisque je travaillais le lendemain matin. Après les au revoir, nous sommes monté dans la Tortue pour une autre nuit de route. Cette fois c’était le guitariste du groupe qui conduisait. Ce qui était vraiment rare. Pour une de ces rares fois, je me couchai dans le lit en arrière de la van et dormi jusqu’à Québec. Là, ils m’ont déposé à mon emploi. Cette journée fut terriblement difficile, mais c’était le prix à payer pour devenir musicien…

La suite ici.

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